78 jours sans masturbation

1 décembre 2017

Pourquoi??

A la rentrée universitaire j’ai entrepris cette « abstinence » un peu étrange qui vise à tenir le plus longtemps possible sans me masturber et donc sans porno.
Je ne vais pas vous cacher que ça a été très difficile au début. J’ai même très rapidement supprimé Tinder car le « marketing de soi » très efficace de certaines filles peut faire naître en nous quelques pulsions mais j’étais déterminé. J’avais envie de ne plus allouer X temp par jour… semaine… mois… année… vie… pendant lequel je n’apprends rien, je regarde de la chair, je regarde une personne copuler avec une femme que je ne rencontrerai probablement jamais, pleine de plastique et tout sauf naturelle.

Une addiction négative et chronophage

Le problème c’est qu’on nous met du sexe sous le nez en continu : dans la rue (les affiches avec des mannequins photoshoppés qui n’existent pas…); à la télévision (avec les publicités, les « présentatrices-mannequins » et la « culture du parfait »); au cinéma, dans les magazines, sur netflix, sur internet…

Cette culture du beau existe depuis toujours, mais dès qu’on a trouvé un moyen de parfaire la beauté c’est devenu malsain. Pourquoi me demanderez-vous? Qu’y a-t-il de mauvais à pouvoir se rincer l’oeil en 3 clics? Tout simplement parce que ça n’existe pas! Ces mannequins au corps parfait, ces « influenceuses » instagram qui nous font baver, ces actrices, ces pornstar… Tout est factice (sauf cas très exceptionnels)
Certes c’est du spectacle, mais n’est-il pas légitime de se demander au bout d’un moment pourquoi je n’ai pas 20 mannequins à la plastique parfaite autour de moi à la Dan Blizerian? Pourquoi est-ce que je ne rencontre pas ces filles sur les affiches ou dans les magazines? Est-ce que je fais quelque-chose de faux?

Et c’est là que le concept entraîne une remise en question (normale) chez les gens, bernés par tous ces artifices, accros au sexe en ligne. Mon but n’est pas d’excuser les actes ignobles d’objetisation de la femme, mais ne serait-ce pas une méthode de défense d’un esprit « faible » à qui la situation échappe totalement? Pensant faire face à une injustice? Une personne qui dira « de toute façon, les femmes sont des putes, elles n’en ont qu’après ton pognon » plutôt que de réfléchir et admettre que tout n’est pas vrai?

Une réalité biaisée…

A mon sens, nous vivons dans une réalité biaisée par le monde de la publicité et de la communication. On affame la population à coupe de sexe et de tentations charnelles et primaires, mais il est important de constater le prix de ces méthodes du point de vue psychique et sociologique. La vie tourne désormais autour du sexe commercial, et comme ce n’est pas une réalité au sens concret un écart de plus en plus important se creuse entre les deux sexes. Contre notre volonté.

Se réfugier dans le porno est un moyen de se faire croire que nous sommes dans l’action, de s’imaginer à la place de l’acteur, d’essayer d’imaginer ce que ça ferait de coucher avec Sasha Grey, puis Lisa Ann quelques minutes après, et enchaîner avec Briana Banks. Est-ce vraiment ce que nous voulons faire de notre sexualité? Seuls, transpirants dans notre chambre devant un écran… A regarder de la baise contractuelle, iréelle, par des gens ne faisant pas partie de notre réalité, commettant un acte tellement dénué de sentiments qu’il ne fait pas partie de notre réalité non-plus…
Mais c’est tellement bon! Dans notre petite zone de confort, au chaud à la maison avant de déverser notre plaisir dans un carré de sopalin… Puis regretter, et se rendre compte que notre vie n’est pas aussi mirobolante. Qu’on ne couche pas avec ces femmes, que nous sommes seuls…

En plus, qu’est-ce que ça nous apprend? Rien! Notre cerveau est inerte! Branché sur « plaisir!! plaisir!! plaisir!! » et c’est tout! Et cela pendant plusieurs minutes, plusieurs jours, chaque semaine, chaque mois. Et tout ça c’est du temps de vie perdu pour un plaisir éphémère et irréel. Du temps qu’on pourrait investir ailleurs, pour devenir meilleurs et espérer rencontrer de meilleures personnes en devenant nous-même meilleurs. Arrêter de se contenter de la médiocrité d’une vie monotonne et exploiter notre potentiel et nos capacités. Privilégier la lecture ou l’apprentissage au plaisir factice. Redécouvrir la sexualité normale et non-contractuelle et solitaire.

Ce que ça m’a apporté

J’ai redécouvert les rapports charnels réels. Le vrai plaisir (qui est bien plus intense que quand on regarde régulièrement du contenu pornographique).
J’ai pu garder la motivation de toujours me dépasser, de ne pas me faire avoir par une baisse de libido. Je lis beaucoup plus maintenant, et essaie de me créer mes propres fantasmes plutôt que de me les faire imposer. Maintenant sorti de ce cercle vicieux j’essaie de me battre, de partager mon expérience et de donner ce petit coup de pouce à ceux qui hésiteraient.

A mon sens, j’ai trouvé que cette expérience est un peu comme le film Matrix. On découvre une nouvelle réalité pleine de gens accros à des concepts factices et surfaits. Une réalité dans laquelle les gens se font berner mais refusent de le reconnaître (ou ne le peuvent pas) car elle est trop confortable.

Cette expérience m’apporte beaucoup de positif malgré l’air très Beigbeder de cet article. Grâce à ça, je me sens plus fort, plus vif, plus alerte au monde qui nous entoure. Je suis motivé à devenir la meilleure version de moi-même et c’est un grand pas pour s’en donner les moyens. Je vous encourage à essayer, ça ne coûte rien! Et je vous assure qu’après les 2-3 premières semaines où le manque sera présent, ce sera pour vous une délivrance.

Je vais continuer.

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